Quatre ans de bilans annuels : ce que j'ai réellement appris
Tim Ferriss a publiquement déclaré que le Past Year Review avait entièrement remplacé ses résolutions du Nouvel An, et que le processus prend 30 à 60 minutes comparé à des heures de définition d’objectifs qui survivent rarement au mois de février.1
J’ai réalisé le PYR pendant quatre années consécutives. La première année m’a surpris. La deuxième a confirmé des schémas. La troisième a montré l’effet cumulatif. La quatrième a changé ma façon de prendre des décisions de carrière.
TL;DR
Le Past Year Review examine chaque semaine de l’année écoulée à travers un prisme simple : qu’est-ce qui a généré de l’énergie positive, qu’est-ce qui a généré de l’énergie négative. Après quatre ans de données, je peux affirmer : le processus fonctionne, mais pas pour les raisons que Ferriss met en avant. La vraie valeur ne réside pas dans les listes « faire plus/faire moins ». C’est la reconnaissance de schémas sur plusieurs années qui révèle quelles décisions se cumulent et quelles activités génèrent des rendements décroissants. Mes données PYR ont directement alimenté ma décision de quitter ZipRecruiter après 12 ans et de me tourner vers le travail indépendant.
Le processus (30 minutes, une fois par an)
Étape 1 : Parcourir votre agenda
Ouvrez l’agenda des 12 derniers mois. Semaine par semaine, marquez les éléments comme positifs (+), négatifs (-) ou neutres. N’y réfléchissez pas trop. Première réaction uniquement.2
Étape 2 : Identifier les schémas
Regroupez les éléments positifs et négatifs : - Personnes : Qui apparaissait régulièrement dans les semaines positives par rapport aux semaines négatives ? - Activités : Quelles activités récurrentes généraient de l’énergie par rapport à celles qui la drainaient ? - Projets : Quel travail produisait de la satisfaction par rapport à de la frustration ? - Environnements : Où les meilleures et les pires semaines se sont-elles déroulées ?
Étape 3 : Créer deux listes
Faire plus : 5 à 10 activités, personnes ou environnements spécifiques qui apparaissaient régulièrement dans les semaines positives.
Faire moins : 5 à 10 activités, personnes ou environnements spécifiques qui apparaissaient régulièrement dans les semaines négatives.
Étape 4 : Planifier les éléments positifs
Réservez les voyages. Programmez les dîners. Bloquez du temps créatif. Les intentions vagues ne survivent pas à janvier ; les entrées d’agenda, elles, persistent.3
Ce que quatre ans de données m’ont montré
Année 1 : La surprise
Mon premier PYR a révélé que mes semaines les plus énergisantes n’étaient pas celles avec les plus grandes victoires professionnelles. C’étaient les semaines où je construisais quelque chose de mes mains : un projet de week-end, un prototype, une exploration de design. Les réunions de direction, les présentations en assemblée plénière et les sessions de planification stratégique que je pensais être stimulantes ont été notées neutres ou négatives.
La liste « faire plus » : projets de construction personnels, sessions de mentorat en tête-à-tête, longues marches. La liste « faire moins » : réunions en grand groupe, préparation de présentations, réunions de coordination inter-équipes.
Année 2 : La confirmation
Les mêmes schémas se sont maintenus avec un contraste plus marqué. Construire a été noté positif 48 semaines sur 52. Coordonner a été noté négatif 35 semaines sur 52. Les données étaient claires : je puisais mon énergie dans la création et la dépensais dans la coordination.
Un nouveau schéma est apparu : apprendre une nouvelle compétence (un nouveau langage de programmation, un outil de design, un domaine) était noté positif à chaque fois, quel que soit le résultat. La nouveauté de l’apprentissage en soi générait de l’énergie indépendamment du fait que la compétence se révèle utile ou non.
Année 3 : L’effet cumulatif
Les éléments de ma liste « faire plus » de l’année 1 que j’avais effectivement planifiés s’étaient cumulés. Les projets de construction personnels auxquels je m’étais engagé ont conduit à trois applications fonctionnelles. Les sessions de mentorat en tête-à-tête s’étaient approfondies en véritables amitiés. Les longues marches étaient devenues mon principal outil de réflexion.
Les éléments de ma liste « faire moins » que je n’avais pas réussi à éliminer s’étaient également cumulés : dans la mauvaise direction. Les réunions de coordination que je ne pouvais pas éviter s’étaient multipliées. La préparation des présentations était devenue plus élaborée, pas moins.
La leçon : les éléments « faire plus » se cumulent quand ils sont planifiés. Les éléments « faire moins » se cumulent quand ils sont ignorés.
Année 4 : La décision de carrière
À la quatrième année, le schéma était indéniable. Mon énergie provenait de la construction, de l’apprentissage et de la création. Mon énergie se drainait dans la coordination, les présentations et la gestion de processus. Après 12 ans en tant que VP Product Design chez ZipRecruiter, je consacrais 80 % de mon temps à des activités notées négatives et 20 % à des activités notées positives.
Le PYR ne m’a pas dit de partir. Il m’a montré les données qui ont rendu la décision évidente. J’ai fait la transition vers le travail indépendant en développant plus de 12 projets en iOS, web et IA — un emploi du temps où la construction et l’apprentissage occupent 90 % de mon temps.4
Pourquoi le PYR fonctionne mieux que la définition d’objectifs
La définition d’objectifs traditionnelle imagine un soi futur. Le PYR examine un soi passé réel. Les données proviennent de l’expérience vécue plutôt que d’une projection aspirationnelle.5
Les objectifs souffrent de l’« erreur de planification » : les êtres humains surestiment systématiquement leur capacité future et sous-estiment les obstacles. Le PYR évite cela parce que l’évaluation regarde en arrière, vers des événements qui se sont déjà produits.
Après quatre ans, je constate également que les listes PYR sont plus honnêtes que les objectifs. Un objectif comme « faire plus d’exercice » reflète ce que je pense que je devrais vouloir. Un élément positif du PYR comme « les semaines où j’ai surfé ont obtenu +3 en énergie » reflète ce qui génère réellement de l’énergie. Le PYR ne se soucie pas du « devrait ». Il ne suit que le « fait ».
Un modèle qui fonctionne
J’utilise un tableau trimestriel en markdown :
| Week | Events/Activities | +/- | Notes |
|--------|---------------------------|-----|----------------------|
| Jan 1 | Team offsite, prototyping | + | The prototype, not |
| | | | the offsite |
| Jan 8 | Quarterly planning, demos | - | Too many meetings |
| Jan 15 | Built search feature | + | Flow state all week |
Après avoir complété les 52 semaines, les éléments qui apparaissent trois fois ou plus au cours de l’année sont vos signaux les plus forts. Les éléments qui n’apparaissent qu’une fois sont du bruit.
Schémas pluriannuels à suivre
Le PYR sur une seule année est utile. Le PYR sur plusieurs années est transformateur.6
Ce qui se stabilise : Dès la deuxième année, la liste « faire plus » principale cesse de changer. Mes activités positives fondamentales (construire, apprendre, mentorer) n’ont pas bougé en quatre ans. Si une activité apparaît sur la liste « faire plus » pendant deux années consécutives, c’est une source d’énergie durable, pas une phase.
Ce qui se cumule : Les relations approfondies grâce à la liste « faire plus » génèrent de nouvelles opportunités. Les relations de mentorat de l’année 1 ont produit des opportunités de collaboration à l’année 3. Les projets de construction de l’année 2 sont devenus des pièces de portfolio à l’année 4. Cela reflète la façon dont les connaissances se cumulent à travers les domaines.
Ce qui se révèle : Certaines activités notées positives en année 1 sont passées à neutres en année 3. L’effet de nouveauté s’était estompé, révélant que l’énergie provenait de la nouveauté, pas de l’activité elle-même. Le PYR détecte cette dérive avant que vous ne vous engagiez excessivement.
Points clés à retenir
Pour les professionnels : - Réalisez le PYR durant la dernière semaine de décembre ou la première semaine de janvier ; le processus nécessite une année civile complète de données - Concentrez-vous sur les schémas énergétiques plutôt que sur les accomplissements ; les activités à haute énergie tendent à produire de meilleurs résultats indépendamment des premières impressions - Suivez les tendances pluriannuelles ; les données d’une seule année surprennent, les données pluriannuelles transforment - Planifiez les éléments « faire plus » immédiatement ; les intentions non planifiées s’évaporent avant février
Pour toute personne envisageant un changement de carrière : - Réalisez le PYR pendant deux années consécutives avant de prendre une décision de carrière majeure ; une année de données est suggestive, deux années sont concluantes - Prêtez attention au ratio d’activités positives par rapport aux négatives dans votre rôle actuel ; si 80 % de votre temps est noté négatif, aucune optimisation ne résoudra le problème
Références
-
Ferriss, Tim, “Past Year Review,” The Tim Ferriss Show, décembre 2021. ↩
-
Ferriss, Tim, Tools of Titans, Houghton Mifflin Harcourt, 2016. ↩
-
Clear, James, Atomic Habits, Avery, 2018. Recherches sur les intentions de mise en œuvre et la planification comme moteurs de comportement. ↩
-
Analyses PYR consécutives de l’auteur (2022-2025). Les données sur les schémas énergétiques ont directement alimenté la transition de carrière de VP Product Design vers la pratique indépendante. ↩
-
Kahneman, Daniel & Tversky, Amos, “Intuitive Prediction: Biases and Corrective Procedures,” TIMS Studies in Management Science, 12, 313-327, 1979. ↩
-
Données PYR pluriannuelles de l’auteur. Les schémas se sont stabilisés dès l’année 2 ; les effets cumulatifs sont devenus visibles à l’année 3 ; la décision de carrière a été éclairée par l’année 4. ↩